C’est la rentrée!

Remplissage des placards en vue, cap sur les collations

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J-2, les parents s’affairent: on vérifie les vêtements, les fournitures scolaires et les placards. Vite, il faut faire le plein de collations. Ni une ni deux, nous voilà au rayon biscuits du grand magasin et là, chouchou nous supplie, avec son plus beau sourire et ses yeux de labrador, de lui prendre les « bi-choco maxi fourrés crunchy » à l’effigie de sa mascotte préférée. Notre tête, en général à ce moment là:

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Mais notre raison et nos principes s’évanouissent souvent face au rush de la rentrée et à la détermination de chouchou (dont nous serions très fières en d’autres circonstances). Bref, voilà les bi-choco dans le caddy puis dans le cartable de chouchou, tous les jours sans faute, sous peine de crises existentielles dès 7h00,  bien avant notre tasse de café… Et là, nous maudissons les fabricants et les publicitaires (et un peu nous aussi d’avoir cédé à la facilité).

Oui, c’est très moche d’influencer comme ça des pauvres petits êtres sans défenses. Et même si je m’exprime sur le ton de l’humour, mon exaspération n’en est pas moindre. Car en tant que diététicienne, je sais bien que tous ces stratagèmes marketing ont une influence énorme sur les enfants. Les études montrent clairement des liens de cause à effet entre l’exposition à la publicité alimentaire et le risque accru d’obésité chez les enfants.

Les IRM ont  révélé que les zones de récompenses, de la motivation et de la mémoire sont plus activées chez les enfants que chez les adultes à la vue de ces biscuits « brandés » et que les enfants obèses activent moins la zone inhibitrice de leur cerveau à la vue d’aliments « malsains » que leurs petits copains pus minces (1). Quand on observe les produits qui bénéficient de ce genre de publicité, on se rend vite compte, même en n’étant pas diététicien, que ce ne sont pas les plus sains (2)!

J’ai été faire un petit tour dans un supermarché, accompagnée de la journaliste Sofia Cotsoglou de l’équipe de « On n’est pas des pigeons » . Elle réalisait un reportage à propos des mascottes utilisées pour la promotion des produits alimentaires chez les enfants. En effet, le Bureau Européen des Unions des Consommateurs a constaté que les mascottes sont présentes sur les aliments nutritionnellement les plus pauvres de leur catégorie. Il demande donc, dans un communiqué, aux industriels de faire une utilisation plus responsable de cet outil marketing et d’améliorer le contenu nutritionnel de leurs produits… Espérons que cela ne reste pas qu’un vœu pieux!

En nous promenant dans les rayons, nous sommes tombées sur toutes les céréales pour enfants: quasi aucune d’entre elles ne représente une solution équilibrée pour le petit déjeuner. Malgré l’ajout de vitamines et de fibres, ces produits restent très transformés et raffinés, offrent un index glycémique élevé, ce qui favorisera le coup de pompe dans la matinée. Pour couronner le tout, ils affichent des taux de sucre affolants pour des enfants, surtout si l’on prend en compte la portion réellement consommée (plus de 60g en général) et pas la portion standard mentionnée sur les paquets (30g).

Rayon suivant, celui des biscuits. Un rayon entier. Avec ou sans chocolat, aux fruits, croquants, mous, emballées individuellement, en maxi formats, en mini formats, en carré, en triangles, en nounours, en dinosaures… Un rayon entier. Ça ne choque que moi? Il y a presque plus de variété de biscuits que de fruits et légumes dans les supermarchés. Depuis quand les biscuits sont-ils devenus des aliments de base? Il est rentré dans la norme, pour la majorité des gens, que les biscuits peuvent se consommer tous les jours, particulièrement pour les enfants.  Or ces produits devraient rester occasionnels dans notre alimentation, un petit plaisir à savourer à son aise. Quand on regarde de plus près les biscuits affligés de mascottes, on retrouve la même médiocrité nutritionnelle que pour les céréales: peu de fibres, beaucoup d’éléments raffinés n’apportant presque pas de nutriments bénéfiques et la valse des ennemis publiques de l’obésité infantile: sucre ajouté, matières grasses hydrogénées, graisses saturées (huile de palme, beurre ou crème) et une belle dose de sel (oui oui!). S’en suit la liste interminable des « E » en tous genres, pas forcément tous néfastes mais dont nos petits choux pourraient bien se passer.

Au rayon laitages, c’est le même topo. Petit « machin » en tube goût fraise avec des schtroumpfs dessus: pas une once de fraise dans le produit (c’est bien écrit « goût fraise », pas vraie fraise!), ce n’est pas un yaourt, c’est une préparation laitière, il n’y a donc pas les ferments bénéfiques du yaourt mais que du lait en poudre, de la crème et tout un tas d’autres ingrédients issus de l’industrie laitière que vous n’auriez jamais idée d’utiliser dans votre cuisine. A-t-on vraiment envie de donner cela à nos enfants? Pas pour les nourrir en tout cas. Comme friandise pourquoi pas, au même titre qu’un bonbon, car le plaisir reste important et fait partie de l’apprentissage de l’alimentation et du goût.

Alors on leur donne quoi à nos chouchous?

Le plus d’aliments bruts possibles: fruits ou légumes entiers, yaourt nature ou avec des vrais fruits, une tartine avec un peu de confiture, de miel ou un morceau de chocolat, des noix pour les plus grands, des fruits séchés en plus petites quantité (c’est très sucré), des petites compotes sans sucre ajouté. Et de temps en temps dans la semaine, des biscuits ou pâtisseries peu sucrés (non, la couque au chocolat n’est pas un goûter sain, ni la gosette aux pommes d’ailleurs), un riz au lait, un pudding…

Pour vous aider à faire le choix de vos biscuits, je vous propose de suivre les recommandations de l’Association Belge du Diabète qui a déjà même établi un classement avec ses meilleurs choix (attention, certains contiennent des édulcorants et ne sont pas à recommander aux enfants).

Quand vous achetez des laitages, vérifiez:

  • que vous avez bien entre les mains un yaourt et pas une simple « préparation laitière », c’est écrit sur l’étiquette (c’est la dénomination),
  • que des vrais fruits sont présents,
  • que la liste des additifs est limitée ou qu’il n’y en a pas,
  • que le produits contient moins de 10% de sucres (mais peut contenir un peu plus de glucides)
  • et évitez les produits enrichis en crème.

Mon petit truc en plus: je réalise un planning des collations avec mon chouchou et on choisit les jours « avec » et les jours « sans » chocolat, les jours fruits, les jours biscuits, etc. Comme ça tout est clair et il n’y a pas de discussions ni de râleries le jour même!

En bonus, ma délicieuse recette de Banana bread, je ne m’en lasse pas: 20g de beurre pour toute la recette seulement, peu de sucre, des fibres et du chocolat pour les gourmands comme moi! On peut même le cuire sous forme de muffins pour les emporter.

Cake Banane Chocolat

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Cake Banane Chocolat
★★★★★
Temps de préparation: 15 min | Temps de cuisson: 30 min

Ingrédients:

180g de farine semi-complète
½ paquet de levure chimique
1 pincée de cardamome
70g de cassonade
1 œuf
20g de beurre fondu
40g de chocolat
2 bananes
60ml de lait

Instructions:

Préchauffer le four à 220°C (thermostat 7)
Dans un grand bol, mélanger la farine, la levure chimique, la cardamome et la cassonade.
Ajouter l’œuf, le beurre fondu et le chocolat coupé en pépites.
Ajouter délicatement les bananes en gros morceaux et enfin le lait.
Verser dans un plat à cake chemisé (tapissé de papier cuisson)
Enfourner pour 30 minutes
Vérifier la cuisson à l’aide de la pointe d’un couteau plantée dans le cake, quand elle en ressort sèche, le gâteau est cuit

Notes: Pour un cake sans gluten: utiliser de la farine de riz semi-complète et de la levure chimique sans gluten
Les gourmands peuvent ajouter plus de chocolat 😉

 

Des questions, des remarques? Laissez-moi un message ou rendez-vous sur Facebook!

Références:

  1. Van Meer F et al. Am J Clin Nutr. First published November 2, 2016
  2. Ne E. et al., Appetite, 2014 Aug 13.

Plus d’infos nutritionnelles et diététiques validées et sans b*llshit sur Food in Action

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