La semaine Bio

Le bio, c’est bon pour moi?

Nous sommes en plein dans la semaine Bio, une initiative organisée par l’APAQ-W, du coup, mes amis et mes patients me posent mille et une questions sur l’alimentation bio:

Est-ce vraiment plus sain, peut-on acheter n’importe quel produit les yeux fermés, est-ce moins gras, y a-t-il moins d’additifs, etc? Alors plutôt que de répéter sans cesse les mêmes infos et pour vous en faire profiter, j’ai décidé de vous proposer ici un petit tour d’horizon du bio et de la diététique.

 

 

 

Le bio est-il plus sain?

Grande question! Il faut savoir avant tout que l’agriculture bio a été mise en place dans un souci de respect de l’écologie, donc de la nature, des animaux mais aussi des agriculteurs (moins ou pas de produits phytosanitaires aux effets potentiellement cancérigènes). La santé du consommateur final n’est donc pas la préoccupation première de l’agriculture biologique mais elle présente tout de même des avantages, qui découlent des modes de production et d’élevage.

Du côté des produits maraîchers et céréaliers, on constate une nette différence des taux de pesticides résiduels sur les produits bio par rapport aux produits de l’agriculture conventionnelle. Certains de ces intrants phytosanitaires sont considérés comme cancérigènes (probables), essentiellement pour les agriculteurs eux-mêmes qui manipulent ces produits et pour les habitants proches des cultures pulvérisées. La nocivité des intrants résiduels sur les produits alimentaires est, elle, plus complexe à établir.

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Pour les carnivores et lactovo-végétariens, l’avantage de l’élevage biologique réside dans le respect du bien-être animal. Un cahier des charge précis, établi pour chaque type d’élevage, précise le nombre de m² alloué à chaque animal, le temps passé à l’extérieur et les conditions, la qualité de l’alimentation, les traitements vétérinaires autorisés, etc. Cette qualité de vie a un impact direct (mais plus ou moins prononcé en fonction du type d’animal) sur la qualité de la viande, de la graisse, des oeufs et des produits laitiers: une viande qui réduit moins à la cuisson, un meilleur ratio oméga 3/ oméga 6, et aussi une absence de résidus de traitements médicamenteux puisque les animaux élevés en bio n’ont droit qu’à de l’homéopathie (ils sont déclassés ou la période d’abattage retardée en cas de traitement hallopathique). Il en va de même pour l’aquaculture et la pisciculture.

Personnellement, je porte une attention particulière aux produits comme le beurre, la crème et les fromages qui contiennent une grande proportion de matières grasses. En effet, les produits toxiques comme les résidus de médicaments et les métaux lourds sont solubles et stockés en grande partie dans la graisse. Je recommande donc aux personnes les plus fragiles (femmes enceintes, nourrissons, enfants en bas âge, personnes âgées) de consommer de préférence ces aliments issus de l’agriculture biologique.

Bio et régime? Moins gras?

Là je vous arrête tout de suite! Ce n’est pas parce qu’un aliment est bio qu’il ne fait pas grossir, qu’il va vous faire (miraculeusement) maigrir ou qu’il a des vertus extraordinaires, issue d’une tradition séculaire quasi mystique mais tellement séduisante. Non, le bio est certes plus écologique, mais il ne vous aidera pas à perdre du poids, à retrouver votre tonus, à détoxifier votre organisme (on rappelle au passage que la détox est un concept marketing et qu’il n’y a aucune définition médicale pour ce terme) ou à rendre votre teint lumineux et faire repousser vos cheveux!

Côté aliments préparés d’ailleurs, il n’y a pas de cahier des charges nutritionnel. Les producteurs bio peuvent ajouter autant de gras, de sucre et de sel qu’ils veulent à leurs préparations. Non, un biscuit bio n’est pas moins gras ou moins sucré et ne contient pas plus de fibres qu’un biscuit classique. Il est simplement élaboré à base de minimum 95% d’ingrédients bio (conformément à la législation, je vous renvoie vers certicys pour plus d’infos). On retrouve donc de tout en produits bio, du bon, comme du moins bon.

Moins d’additifs dans les produits préparés?

L’utilisation d’additifs et toutefois limitée, tant au niveau de la nature des additifs (certains sont interdits) que de la quantité (plus faible qu’en conventionnel pour certains). Aujourd’hui, l’innocuité ou la dangerosité de ces additifs et des cocktails qu’ils forment reste bien difficile à établir. Le seul lien qui semble probant entre consommation d’additifs et cancer est celui établi pour le sel nitrité (sel rose des bouchers, pas celui de l’Himalaya!), utilisé en boucherie / charcuterie pour conserver la couleur rouge / rose aux préparations. On en retrouve donc à foison dans les pâtés, saucisses, saucissons, jambons, viande hachée, etc. Ce sel nitrité est autorisé en production biologique mais en moindre quantité qu’en production conventionnelle et les producteurs cherchent bien souvent d’autres solutions, plus naturelles (avec l’inconvénient d’avoir une durée de conservation plus courte).

Et si je veux me limiter à certains produits, je choisis quoi?

Certains fruits et légumes sont plus pollués que d’autres, qu’ils nécessitent plus de pesticides pour leur culture car plus fragiles ou qu’ils en absorbent plus de par leur nature structurelle. Un organisme américain a établi un classement ces dernières années des végétaux les plus pollués et de ceux au contraires qui sont les plus « propres ». Il s’agit des dirty dozen (ou 12 salopards) et clean fifteen. Vous pouvez les retrouver ici et télécharger gratuitement la brochure, actualisée chaque année. Même s’il existe quelques différences avec les modes de production européens, cette liste reste intéressante à consulter. Je rajouterais aussi de privilégier le bio dès vous souhaitez consommer le produit dans son entièreté, avec la peau, et cela vaut pour les fruits et légumes mais surtout pour les céréales (pain complet, aux graines, etc.).

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Alors, en résumé, le bio c’est bon?

Pour moi, consommer Bio est avant tout un acte citoyen, écologique, qui montre aux politiques ce que nous désirons comme agriculture pour le futur. L’agriculture intensive a eu son utilité à une époque donnée, mais elle a été poussée trop loin et est aujourd’hui obsolète. Je désire pour nous et les générations futures, une agriculture plus écologique dans le sens qu’elle préserve les ressources naturelles et humaines, qu’elle soit à la fois bonne pour les écosystèmes de la terre et bonne pour les systèmes économiques qui la produisent.

Ensuite, par mesure de précaution, j’opte pour les produits bio par ordre de priorité: ceux qui contiennent beaucoup de matières grasses (beurre, crème, fromages, huiles), les produits céréaliers complets, les végétaux que je consomme avec la peau (en me fiant à la petite liste ci-dessus). Je consomme le moins de produits transformés possible et quand je le peux, j’achète directement au producteur.

Certains parlent de bio à deux vitesses, peut-être ont-ils raison. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui le label bio est la seule garantie d’acheter des produits plus écologiques. Les plus exigeants d’entre vous iront à la rencontre des producteurs pour avoir les réponses à leurs questions et s’assurer de la qualité des produits, avec ou sans label. Si l’expérience vous tente, rendez-vous sur le site Wallomade pour trouver les producteurs proches de chez vous et partager avec eux le plaisir de bien manger!

 

 

 

 

 

 

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